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Les femmes, l’eau et l’article 15 du Protocole de Maputo



Rapport de recherche N° 1
Faire du thème 2026 de l’Union africaine sur l’eau et l’assainissement des droits pour les femmes et les filles d’Afrique de l’Ouest et du Centre
rapport Oct 2026 ; 34 pages
Ed. RFLD - Accra
Téléchargeable sous format: PdF (4 450 ko)
Téléchargeable chez l'éditeur
Résumé:
Partout en Afrique, le trajet vers le point d’eau reste l’un des signes les plus visibles des inégalités de genre. En 2022, 1,8 milliard de personnes dans le monde vivaient dans des ménages sans eau sur place, et dans 7 de ces ménages sur 10, ce sont les femmes et les filles qui allaient principalement la chercher (OMS et UNICEF, 2023). Près de la moitié des 1,2 milliard d’habitants de l’Afrique subsaharienne dépendent d’une eau qu’il faut aller chercher, et les 21 pays du monde où au moins un quart des ménages comptent sur les femmes pour cette tâche se trouvent tous en Afrique subsaharienne (OMS et UNICEF, 2023, p. 17-18). Le coût en temps est considérable. Selon les Nations Unies, les femmes et les filles consacrent environ 250 millions d’heures par jour à la collecte de l’eau (HCDH, 2025 ; UNESCO, 2026).
Le système africain des droits humains a déjà donné à ces femmes un fondement juridique. L’article 15 du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo) place l’accès à l’eau potable au cœur du droit à la sécurité alimentaire. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a développé ce droit dans sa résolution de 2015 sur les obligations relatives au droit à l’eau, dans ses Lignes directrices de 2019 sur le droit à l’eau en Afrique et dans sa décision de 2026 d’élaborer des Lignes directrices sur le droit à l’assainissement centrées sur les femmes et les filles (CADHP, 2015, 2019, 2026a).
Le contexte politique est particulièrement favorable. L’Union africaine (UA) a choisi pour 2026 le thème « Garantir la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », et les chefs d’État ont adopté la Vision et la Politique africaines de l’eau 2063 lors du sommet de février 2026 (Union africaine, 2026a, 2026b). En décembre 2026, le Sénégal co-organise avec les Émirats arabes unis la Conférence des Nations Unies sur l’eau (ONU-Eau, 2025).
Ce rapport montre que le cadre juridique est très en avance sur la pratique. Les six études de cas (Sénégal, Bénin, Ghana, Nigeria, Niger et Cameroun) montrent qu’aucune des lois nationales sur l’eau examinées ne contient de disposition spécifique sur les femmes, que les données ventilées par sexe sur la collecte de l’eau sont rares et que les lignes budgétaires genre dans le secteur de l’eau, quand elles existent, sont rarement financées. Au Burkina Faso, les femmes n’occupent que 14,86 % des sièges dans les organes de gestion de l’eau, pour un objectif national de 30 % (Banque mondiale, 2024). Au Nigeria, le ministère fédéral de l’eau a cité une ligne budgétaire genre, sans qu’il soit prouvé qu’elle ait été financée (UNICEF Nigeria, 2025b).
Le changement climatique creuse l’écart. Une variabilité des précipitations d’environ 50 % au- dessus ou en dessous de la moyenne a déjà eu des effets largement négatifs sur les secteurs dépendants de l’eau en Afrique, et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) constate avec un degré de confiance élevé que l’adaptation sensible au genre réduit la vulnérabilité (Trisos et al., 2022). Au Sahel, les déplacements de population ont allongé la distance jusqu’à l’eau et rendu le trajet plus dangereux pour les femmes (Birwe, 2025).
Le rapport se termine par des recommandations aux États, à la Commission africaine, à l’UA et au Conseil des ministres africains chargés de l’eau (AMCOW), aux partenaires au développement et à la société civile, ainsi que par un calendrier de plaidoyer pour 2026 à 2028. Son annexe propose une liste de contrôle que les États peuvent utiliser pour rendre compte de l’article 15 et que les organisations de femmes peuvent utiliser pour préparer des rapports alternatifs.

Mots clefs:

accès à l'eau (CI) (DT) (OP) (ope) , genre (CI) (DT) (OP) (ope)

Editeur/Diffuseur:

RFLD - Réseau des Femmes Leaders pour le Développement - Accra - Ghana
    

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