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Innovation pour l’Adaptation au Changement Climatique (INNOVACC) 

Géolocalisation
Lieu: Bame

- Cameroun ,
Lieu: Bang
[Nord / Bénoué] - Cameroun ,
Lieu: Douroum
[Extrême-Nord / Diamaré] - Cameroun ,
Lieu: Gadas
[Extrême-Nord / Mayo-Danay] - Cameroun ,
Lieu: Mayo Lade
[Nord / Mayo-Louti] - Cameroun ,
Lieu: Pintchoumba
[Nord / Bénoué] - Cameroun

Dates: 2022 : 60 mois (Terminé)

Partenaires
  CIRAD Montpellier
Partenaire   Fondem Vincennes
  ICRAF Nairobi
  IRAD Garoua

Budget global:
4.150.000 €

Contexte:
Les changements climatiques affectent particulièrement le secteur agricole des régions Nord et de l’Extrême Nord du Cameroun en raison de l’augmentation des températures et du dérèglement des précipitations. La prédominance de l’utilisation de la biomasse (bois) et d’autres ressources fossiles pour le développement des activités économiques en milieu rural est tout aussi préoccupante. Dans le cadre du projet INNOVACC, la Fondem agit, avec 4 autres partenaires opérationnels et de recherche – ICRAF/CIROF (Centre International pour la recherche en agroforesterie), CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), IRAD (Institut de Recherche Agricole pour le Développement) – pour améliorer la résilience face au changement climatique des populations du Nord du Cameroun.
Le projet se présente sous la forme de 5 composantes, chacune gérée par un partenaire dont l’objet est lié à son champ d’action. La Fondem est en charge de la composante 3 qui vise à améliorer l’accès à l’énergie des populations grâce aux ressources locales à disposition. La première composante traite de l’adaptation au changement climatique, tandis que la deuxième composante vise à améliorer les services d’informations agroclimatiques. Toutes deux sont mises en œuvre par le CIRAD, l’ICRAF et l’IRAD. La troisième composante, dirigée par la Fondem, évalue le potentiel de l’utilisation d’énergies renouvelables pour répondre aux besoins découlant du développement de chaînes de valeur climato intelligentes. L’objectif de la quatrième composante est d’autonomiser les femmes à travers l’entrepreneuriat et les compétences de la vie courante et de créer des emplois verts pour les jeunes. Enfin, la cinquième composante analyse l’environnement institutionnel et politique pour les enjeux liés à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation de ses effets en vue de proposer des améliorations et des mécanismes de soutien. Ces deux composantes sont dirigées par le CIFOR-ICRAF.

En bref,
Les 5 composantes :
1-Proposer des options d’amélioration des systèmes agrosylvopastoraux dans le contexte du changement climatique
2-Améliorer la qualité et la disponibilité des informations agro-climatiques
3-Assurer le développement des services énergétiques durables basés sur les ressources locales
4-Favoriser l’autonomisation des femmes et la participation des jeunes dans le développement de chaînes de valeurs climato-intelligentes
5-Améliorer le cadre institutionnel (formel et informel) et la gouvernance locale en matière de changement climatique

Le consortium d’instituts de recherche étaient tous déjà actif dans la zone du projet et la fomdem qui est spécialisé dans les énergies renouvelables.

Historique:
Le projet INNOVACC a débuté fin 2021 mais a été lancé officiellement en juillet 2022. L’atelier de lancement a permis de rassembler toutes les organisations du consortium du projet ainsi que plusieurs partenaires et représentations des ministères et des autorités locales des zones du projet. Une présentation des conséquences du changement climatique au Cameroun a permis de donner le contexte du projet, notamment sur la pertinence d’avoir choisi 6 villages climato-intelligents qui ont été sélectionnés sur des critères d’incidence du changement climatique et de dynamique des populations. Par la suite, chaque représentant des composantes, a pu présenter ses objectifs et la méthodologie qui sera mise en œuvre pour réaliser les activités et résultats définis. Une séance de travail en groupe a permis de cerner le point de vue de chaque partie prenante quant à la pertinence de la démarche et des activités proposées. Pour la composante 3 en particulier, il a été souligné que les autorités et populations locales doivent être soigneusement impliquées (notamment le délégué du domaine de l'énergie), à travers une méthode d'organisation participative. Par ailleurs la sensibilisation et la mise en pratique d'outils adaptés sont essentielles pour les autorités locales qui ont émis une certaine méfiance quant à des solutions solaires trop innovantes qui seraient, à terme, délaissées par la population. Une activité supplémentaire proposée serait de promouvoir la fabrication du charbon écologique (à base de résidu agricole) pour réduire l'utilisation du bois de chauffe.

Comment et par qui les besoins ont il été identifiés? Constats qui ont donné naissance au projet INNOVACC: Exemple du village de PINTCHOUMBA

Du côté des femmes
Les activités sont principalement liées à l’agriculture (les arachides car cela demande peu d’engrais, sésame, maïs, mil, haricot blanc, beignet) dont la production est devenue de plus en plus dure à cause du changement climatique. De nouveaux engrais existent pour y remédier mais c’est devenu trop cher. Pour arroser, elles vont au bord des rivières quand il reste un peu d’eau mais elles utilisent ensuite des pompes alimentées au diesel (pour celles qui en ont) ou des seaux. Pour les arachides, elles transportent les récoltes jusque chez elles puis les font griller et les amènent ensuite au moulin (alimenté au gasoil) pour la transformation en pâte. Elles transforment ensuite manuellement cette pâte en huile. Pour le stockage, elles les ramènent généralement chez elles mais les chenilles compliquent les conditions de conservation. En général, elles consomment une partie de leur récolte et vendent le reste au marché local et un grossiste revend une partie à des commerçants.
La principale source d’énergie dont dispose le village est un gros groupe électrogène appartenant à une famille qui le loue (de 12h à 20h pour 3 000 francs la semaine). Par exemple, certaines femmes l’utilisent pour brancher un frigidaire afin de conserver des jus naturels et des yaourts. Le bois de chauffe est encore massivement utilisé bien qu’il soit de plus en plus difficile à trouver dans les zones protégées des villages. Une ONG camerounaise a enseigné aux femmes comment produire du charbon organique mais il n’y a pas eu de partage de connaissance à destination du reste du village. Il apparaît donc nécessaire d’encadrer les femmes dans la diffusion des bonnes pratiques.
En résumé, les femmes souhaiteraient :
-des engrais pour augmenter la production
-des décortiqueuses
-de la lumière et un frigo (solaire) pour stocker les jus
-de la lumière le soir pour que les enfants puissent étudier
-un pressoir mécanique
-de l’éclairage public pour créer des regroupements le soir et générer de l’argent

Du côté des hommes

La plupart des hommes pratiquent à la fois l’agriculture et l’élevage à des fins consommatrices et commerciales. Ils élèvent principalement le gros bétail (notamment des bœufs) et le petit bétail (chèvres et moutons). En ce qui concerne la vente, ils disposent d’un abattoir qui leur permet de vendre au kilogramme. Cependant, lorsqu’ils ne parviennent pas à écouler la viande de l’animal, ils sont obligés de fumer le reste car ils n’ont pas de moyens de conservation (congélateur ou chambre froide). Ils utilisent également les déchets de leur bétail pour améliorer la fertilité des sols.

Objectifs:
L’objectif général est d’améliorer la résilience climatique des populations du Nord et l’Extrême Nord du Cameroun par l’augmentation durable de la productivité agro-pastorale et des revenus des
ménages ruraux et par la réduction de leur vulnérabilité au changement climatique.

Objectifs spécifiques:

• faciliter l’augmentation durable de la productivité agro-pastorale et des revenus des ménages ruraux ;
• améliorer les capacités d’adaptation et la résilience au changement climatique des populations ;
• permettre un meilleur accès aux et une utilisation plus efficiente et durable des ressources énergétiques nécessaires au développement économique des ménages ruraux

Description de l'action:
Interventions clés :
-Fournir aux décideurs des évaluations quantifiées de différentes options tech niques (y compris l’agroécologie et l’agro foresterie) en termes d’adaptation et d’atténuation au changement climatique en capitalisant sur les résultats agronomiques par modélisation.
-Diffuser des pratiques climato-intelli gentes à travers les « villages climato- intelligents », en mettant l’accent sur : les partenariats multipartites, un paquet d’interventions techniques et institutionnelles contextualisées, et le besoin d’associer l’innovation locale aux processus de mise à l’échelle.
-L’approche PICSA (Participatory Integrated Climate Services for Agriculture) se base sur le principe que la diffusion des informations climatiques aux producteurs ne suffit pas, mais qu’il faut aussi aider les utilisateurs à interpréter les données et à prendre les décisions appropriées. PICSA intègre un aspect de renforcement des capacités des services météorologiques nationaux dans la collecte et l’analyse des données afin d’améliorer la qualité et la couverture des informations agro-clima tiques diffusées aux utilisateurs.
-Évaluer la pertinence des sources d’énergie renouvelable dans le but de proposer aux populations des alternatives aussi bien au réseau électrique qu’à la collecte et l’utilisation du bois qui se raréfie et contribue à la dégradation de l’environnement.
-Développement des chaînes de valeur climato-intelligentes pour les femmes et renforcement de leurs compétences de vie pour une meilleure participation à la prise de décisions.
-Examiner les objectifs, les méthodes et les contraintes et opportunités politiques et institutionnelles à la génération, la diffusion et l’adoption des pratiques climato- intelligentes.
-Appuyer les jeunes filles et garçons dans la création des emplois verts en relation avec le changement climatique, tels que la production et la distribution des semences et plants d’arbres, la production du fourrage, la fabrication des foyers améliorés, la fabrication de charbon éco logique et du compost à partir des déchets agricoles et ménagers, le maraîchage et l’apiculture.

Plus concrètement :
Composante 3 : Développer des services énergétiques durables basés sur des ressources renouvelables

-Évaluer les besoins énergétiques des entreprises climato-intelligentes
-Évaluer les technologies énergétiques alternatives
-Mettre en œuvre des projets pilotes pour tester les services énergétiques renouvelables


Composante 4 : Promouvoir l’autonomisation des femmes et créer des emplois verts pour les jeunes

- Renforcer l’implication des femmes dans les chaînes de valeur climato-intelligentes
- Sensibiliser et former les femmes à l’utilisation rationnelle et à la régénération du bois de chauffage
- Améliorer la participation des femmes aux processus décisionnel
- Améliorer la participation des femmes aux processus décisionnels en renforçant leurs compétences de la vie courante
- Évaluer les opportunités d’emploi vert pour les jeunes (garçons et filles)

Marqueur genre: Significatif

Classement:
Sous-secteur d’intervention: cuisson propre et efficace , électrification
Milieu d’intervention: rural
Activité principale du projet: études , renforcement des capacités
Contexte d’intervention: espaces communautaires , usage domestique
Mode de gestion: gestion communautaire


Source:
https://www.cirad.fr/dans-le-monde/cirad-dans-le-monde/projets/projet-innovacc ; Rapport d'activité 2024 Fondem ; Rapport de mission Innovac, 20 mai au 4 juin 2024 ;

Types de financement:

Union Européenne

Organismes et Contacts

Fondation Energies pour le Monde lire plus... 20 ter rue Massue
94300   Vincennes
France
Fax: 01.44.18.00.80
  contact[à]fondem.ong
http://
www.energies-renouvelables.org
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