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Lieu: Natitingou
[Atacora / Natitingou]
- Bénin
Dates:
2024 : 36 mois
Partenaires
Partenaire
Eco-Bénin Abomey-Calavi
Bailleur
Fondation RAJA-Danièle Marcovici Roissy CDG
Porteur
Inti Nantes
Partenaire
REJEVE BENIN Kantaborifa, Natitingou, Benin
Bailleur
Watt for change Bègles
Autres partenaires: Entreprise Villière
Budget global:
283.738 €
Contexte:
Le Bénin est caractérisé par une diversité agro-écologique importante. Dans le cadre de la réalisation de l’inventaire forestier national, la couverture forestière et arborée estimée en 2007, (images Landsat TM 2006 – 2007), est de 7,67 millions d’hectares ; soit 68,08% de la superficie du territoire béninois. Dans l'Atacora, la cuisson des aliments repose majoritairement sur l'utilisation de foyers traditionnels à trois pierres, nécessitant une consommation importante de bois-énergie. Cette pratique contribue significativement à la déforestation et au réchauffement climatique.Face au constat de la pression environnementale par la coupe du bois et sachant que la majorité de la population béninoise est dépendante du bois pour assurer son besoin vital en énergie de cuisson des aliments, Inti a décidé de mettre son expertise de la cuisson écologique au service des familles les plus pauvres. Depuis 2009, Inti et ses partenaires locaux Eco-Benin et Rejeve ont développé un projet de production et de diffusion de plus de 3500 cuiseurs à bois économe et foyers améliorés dans la province de l'Atacora au Nord Bénin ainsi qu’à la création d’activité génératrices de revenus pour les groupements de femmes grâce au séchage de mangues.L’agriculture constitue la principale activité économique pratiquée au Nord du Bénin, région essentiellement rurale, et occupe une place primordiale dans l’économie familiale (Faostat, 2015). Cependant, l’essor de la culture intensive du coton et les besoins croissants des populations en ressources énérgétique intesifie la déforestation. Le couvert forestier national est dans sa majeure partie dégradé et fragmenté. La FAO (2010) estime que, d’une part, de 1978 à 2010, le pays a perdu près de 85 % de ses forêts denses et plus de 30 % de son couvert végétal et, d’autre part, c’est environ 50.000 ha de forêts qui sont détruits chaque année avec pour conséquence l’augmentation des émissions de CO2. Le dernier recensement générale de la population (INSAE, RGPH-4, 2013) au Bénin a mis en lumière que le bois énergie constitue la source d'énergie principale des ménages. En effet, 74 % de la population de l’Atacora utilise le bois et la palme pour la cuisson et 15% utilise du charbon de bois. Au total, c’est 90% de la population de l’Atacora qui dépend de la ressource en bois et charbon pour l’énergie de cuisson. Avec la hausse du prix du gaz domestique et la rareté de cette source d'énergie sur le marché, la population est dépendante du charbon de bois et du bois de feu pour la cuisson des repas. Les projections montrent que les forêts du pays resteront les seules pourvoyeuses d'énergie domestique pour la quasi totalité de la population au cours des 10, voir des 20 prochaines années. La consommation du bois de feu est en moyenne à 1,1kg/personne /jour. Les ménages à faible et/ou moyens revenus consacrent en moyenne 10,5 % de leur revenu pour satisfaire leurs besoins en bois énergie. Les besoins en bois de feu, estimés actuellement à 7.630.000 tonnes par an, augmentent proportionnellement au taux d’accroissement naturel de la population (3,2%). De plus, les foyers domestiques traditionnels à bois et à charbon de bois peu performants sont les équipements de cuisson les plus répandus au Bénin. Leurs rendements de conversion sont très faibles et varient entre 10 et 13% pour les foyers à bois et 15 à 25% pour les foyers à charbons. (Chiffres NAPA 2008). Et à ces effets néfastes j’ajoute une injustice de genre car selon OMS (2024) ce sont les femmes et les enfants, généralement responsables des tâches ménagères telles que la cuisine et la collecte du bois de chauffage, qui supportent la plus forte charge pour la santé émanant de l’utilisation de combustibles et de technologies polluants dans les maisons.
Historique:
Deux partenaires locaux : Rejeve et Eco-Bénin
Eco-Benin intervient actuellement dans 175 villes et villages répartis dans 20 communes et 7 départements du Bénin où elle a atteint plusieurs résultats et réalisations parmi lesquels on peut citer la préservation de 10 000 hectares d’écosystème naturel avec 100 000 tonnes de CO2 stockées par an par la création de l’ACCB-Bouche du Roy ; la restauration d’environ 100 hectares de mangroves ; la diffusion de plus de 20 000 foyers Wanrou dans environ 10 000 ménages et la préservation des forêts. Après une première prise de contact et de nombreux échanges, une convention cadre est signée en 2017 entre Inti et Eco-Bénin pour assurer la durabilité du partenariat. De nombreuses actions sont depuis menées dans le cadre de projets pluriannuels avec pour objectif la réduction de la consommation de bois énergie dans le département de l'Atacora par la diffusion de foyers améliorés. Eco-Bénin, par le biais du chef de projet, de ses animateurs locaux et des membres de son équipe au niveau de l’antenne Nord Bénin, assure la mise en œuvre opérationnelle des actions du projet liées à la fabrication et distribution des EHPE ainsi qu’à la recherche et création de filière pour l’utilisation des biocombustibles. L’ONG est responsable des activités de promotion des EHPE ainsi que de l’appui institutionnel pour l’atteinte des objectifs de sensibilisation et de plaidoyer. Elle mène les activités de formation et de suivi-conseil de l’entreprise centrale et des groupements de femmes, et organise les activités de concertation et de formation des acteurs de la filière. Elle assure enfin, à travers son chef de projet, le déroulement des activités de prototypage et de production des biocombustibles.
Le Réseau des Jeunes pour l’Economie Verte (REJEVE-Bénin) en collaboration avec l’entreprise Kocali-Food a coordonné la mise en œuvre opérationnelle de deux phases du projet séchage solaire, mis en œuvre avec l’appui technique de l’association Française Inti depuis 2019. L’un des principaux programmes du REJEVE-Bénin est l’autonomisation des jeunes et des femmes. A travers ce programme, l’organisation développe des activités d’appui à l’endroit des groupements de femmes, des entreprises locales spécialisées dans la promotion du consommer locale, des entreprises de transformations agroalimentaires, accompagne des jeunes dans la création des emplois verts et promouvoir des technologies à énergies renouvelables. En vue de valoriser et de contribuer davantage à l’économie locale des familles agricoles, REJEVE-Bénin et Inti ont initié en 2019 un partenariat pour le développement et la mise en œuvre opérationnelle du projet intitulé « Le séchage solaire, facteur de développement économique dans le département de l’Atacora au Bénin ». Le projet entend créer une dynamique autour de l’activité de séchage des fruits et légumes en se basant sur des associations/coopératives de femmes transformatrices de produits agricoles et une entreprise locale de conservation et de transformation des fruits et légumes pour la mise en marché des produits séchés. Une première phase du projet a été ainsi conduite, et a permis la mise en place d'unité de séchage solaire afin d'assurer la transformation des produits locaux, assurer le renforcement des compétences des femmes notamment dans la filière mangue. Ce projet a connu une phase 2 qui a permis de consolider durablement la création d'activités génératrices de revenus, autour de la vente de produits séchés, notamment la mangue. REJEVE-Bénin, grâce à son coordinateur national et à son assistant technique, assure la mise en œuvre opérationnelle des actions du projet liées au séchage solaire et au renforcement de capacités des groupements. Elle joue un rôle clé dans la phase de recherche et développement en assurant le déroulement des activités de prototypage de nouveaux outils au niveau local. L’association apporte son expérience du terrain et de ses acteurs au processus de création de filières et cohésion entre acteurs.
Objectifs:
L'objectif général
L'objectif général du projet est de réduire la déforestation et favoriser un développement économique durable grâce aux outils de cuisson écologique dans le département de l’Atacora. A cet objectif s’ajoute une approche transverse sur le genre dans toutes les étapes du projet pour favoriser l’implication, la gouvernance et la montée en compétences des femmes.
OS1:Renforcer l’autonomie énergétique pour les ménages et les groupements, afin d'encourager l'initiation et le développement d'activités génératrices de revenus.
OS2: Renforcer les mécanismes et compétences locales pour la construction d'une filière foyer amélioré (FA) et d'un réseau de commercialisation de produits transformés en prenant compte du genre.
OS3: Optimiser les processus de transformation alimentaire réalisés dans le cadre des différentes AGR à la Recherche et Développement d'outils.
Description de l'action:
Les principales activités prévues sur les 3 années du projet sont :
-Diffusion de 800 EHPE fabriqués par des artisans locaux auprès de particuliers et d’unités de production (professionnelles des groupements en particulier).
-Plaidoyer auprès des autorités locales pour l’utilisation d’EHPE.
-Sensibilisation des artisans locaux aux dommages causés par l’utilisation d’équipements de cuisson peu efficaces.
-Identification de 4 nouveaux groupements de femmes porteuses d’AGR et formation au séchage solaire.
-Construction de six nouveaux séchoirs solaires par les artisans locaux pour diffusion auprès des groupements de femmes identifiés.
-Prototypage et évaluation de nouveaux produits locaux à sécher et commercialiser
-Réalisation de cycles de formations pour le renforcement de capacité des bénéficiaires dans la compréhension de la cuisson et du séchage écologique, et dans la gestion d’AGR
-Mission diagnostic de la prise en compte du genre dans la gouvernance du projet et recommandations.
-Formation des partenaires locaux à l’approche genre.
-Créations d’outils de formation, sensibilisation et éducation à la citoyenneté et solidarité internationale autour du genre.
-Identification des acteurs de l’alimentation à l’échelle du territoire.
-Réalisation de cycles d’ateliers de création de réseau en tenant compte du genre et de l’impact environnemental des activités professionnelles des participant.e.s.
-Cycles d’ateliers de réflexion et co-construction entre Inti et les partenaires locaux pour la recherche et développement d’outils low-tech (séchoirs améliorés + nouveaux outils pour AGR).
-Construction de prototypes d’outils low-tech.
-Tests de fabrication de biocombustibles avec différentes matières premières.
-Constitution et formalisation du réseau de commercialisation des biocombustibles.
Equipement: spécificités techniques:
Les foyers Wanrou
Les foyers Wanrou, dont le nom signifie « maison de la chaleur » en langue locale, sont des foyers économiques promus au Bénin par Eco-Bénin. Fabriqués avec des matériaux locaux tels que la terre de termitière mélangée à de la sciure, de la paille ou des glumes, ils bénéficient d’une forte inertie thermique et existent en deux formats :un petit modèle destiné aux ménages et un grand modèle adapté aux groupements de transformatrices de produits agricoles. Leur conception repose sur trois chambres, une chambre d’aération servant de cendrier, une chambre de combustion équipée d’une cheminée pour l’évacuation des gaz et une chambre de soutien de la marmite séparées par une grille en argile cuite qui favorise la circulation de l’air et assure une combustion plus complète. Ce système, combinant ventilation naturelle et apport manuel, offre des performances élevées : une réduction de 50% du temps de cuisson, une économie annuelle moyenne de 2 tonnes de bois par ménage. L'avantages des foyers Wanrou est qu'elle permet la réduction de la fumée, la propreté des marmites, la baisse de la fatigue liée à la collecte du bois et le gain de temps pour d’autres activités.
Les Cuiseurs à Bois Économes (CBE)
Les Cuiseurs à Bois Économes (CBE), développés par Inti, sont des foyers métalliques performants adaptés aux zones rurales, périurbaines et urbaines. Ils existent en deux formats : un modèle domestique standard, destiné aux ménages, et un modèle collectif, conçu pour les activités de transformation agroalimentaire ou les familles de grande taille. Entièrement fabriqués par des artisans locaux formés, les CBE se composent d’une cuve extérieure en métal, d’une chambre de combustion surmontée d’une virole, et d’une grille de combustion surélevée qui facilite la descente des cendres et l’apport d’air. Un canal opposé à l’entrée de bois assure un apport d’air secondaire, tandis qu’un espace isolant entre la cuve et la chambre de combustion améliore l’efficacité thermique. Grâce à deux poignées latérales, le CBE est facilement transportable, un atout important pour alterner entre cuisson intérieure en saison des pluies et cuisson extérieure en saison sèche. Le CBE est polyvalent : il peut accueillir plusieurs tailles de marmites, répondant ainsi aux pratiques culinaires traditionnelles où plusieurs plats sont préparés simultanément. Il fonctionne aussi bien au bois de feu qu’au charbon de bois, grâce à un insert démontable spécialement conçu, permettant une double combustion. Ce principe confine les flammes, maintient une haute température et limite l’excès d’air, garantissant une cuisson rapide, sécurisée et économique. Sur la performance, les CBE affichent un rendement énergétique de 23 %, une réduction d’environ 50 % du temps de cuisson, une économie annuelle moyenne de 2 tonnes de bois par ménage, et une baisse des émissions de près de 3 tonnes de CO₂ par famille. Faciles à entretenir et durables (environ 36 mois de durée de vie), ils sont appréciés pour leur mobilité, leur rapidité et leur efficacité énergétique. En outre, leur diffusion représente une opportunité économique pour les groupements de femmes, qui participent à leur promotion et à leur vulgarisation.
Les foyers biocombustibles et briquettes(CBE)
Le volet biocombustible du projet vise à valoriser les résidus agricoles et tenter de substituer le charbon de bois. Il repose sur deux innovations : le développement d’un foyer adapté aux biocombustibles et la mise en place d’une chaîne de production de briquettes (bio charbon) à partir de matières premières locales telles que les rafles de maïs, les coques d’arachide, les tiges de manioc ou les coques de baobab. Le foyer, inspiré du modèle cloporte37, a été amélioré au fil de plusieurs prototypes pour aboutir à une version finale intégrant une double chambre isolée à l’argile, un système de gestion des cendres et un apport d’air optimisé grâce à un ventilateur alimenté par un panneau solaire de 10W. Cette conception offre une cuisson plus rapide, réduit la fumée et améliore l’efficacité énergétique. La chaîne de production, assuré par les groupements de femmes bénéficiaires, mobilise des équipements low-tech (carboniseur, broyeur, mélangeur) et suit un processus structuré : carbonisation, broyage, ajout d’un liant naturel à base d’amidon de manioc, extrusion, découpage et séchage des briquettes, qui atteignent un poids final d’environ 5 kg après séchage. L’initiative intègre une approche genre, car la production est assurée par les femmes, favorisant leur autonomisation économique et réduisant la pénibilité liée à la collecte du bois. Les premiers résultats montrent des foyers plus performants et une maîtrise technique des étapes de production. Cependant, la rareté des matières premières entraîne mécaniquement une hausse du coût de production, réduisant la compétitivité du biocharbon face au charbon de bois largement accessible et moins cher. De plus, le système de ventilation intégré au foyer, reposant sur un petit ventilateur, est une innovation encore peu adaptée aux habitudes locales. Les populations, peu familières avec ce type de dispositif technique, expriment une préférence pour des systèmes plus traditionnels de régulation de l’air, tels que l’usage manuel d’éventails, qu’elle juge plus simples et plus proches de leurs pratiques quotidiennes.
Marqueur genre:
Significatif
Classement: Sous-secteur d’intervention:
cuisson propre et efficace Milieu d’intervention:
rural Activité principale du projet:
études ,
infrastructure/équipement ,
renforcement des capacités ,
sensibilisation Contexte d’intervention:
espaces communautaires ,
usage domestique Mode de gestion:
gestion communautaire Source d'énergie:
biomasse - bioénergie ,
énergie solaire
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